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 Le cas de contrainte et ce qu'il autorise de faire

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UmmTaqqyâ
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MessageSujet: Le cas de contrainte et ce qu'il autorise de faire   Mar 26 Avr - 11:37

Bismilêh rahmân rahim



As selemoileykum





Voici un texte très enrichissant ; )


Lorsque le cas de contrainte est avéré, l'islam autorise la personne à effectuer (dans certains cas, sous certaines conditions et avec des nuances précises, que nous verrons plus bas) l'acte auquel elle est contrainte, malgré le fait que celui-ci est en soi interdit.

Les références textuelles suivantes constituent les fondements de ce qui relève des cas de contrainte :


"Celui qui devient incroyant par rapport à Dieu après avoir été croyant – sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure serein par rapport à la foi ; par contre, celui qui a ouvert son cœur à l'incroyance – ceux-là ont sur eux une colère de la part de Dieu et auront un châtiment énorme (dans l'au-delà)" (Coran 16/106).


"Et, recherchant les profits de la vie présente, ne contraignez pas vos esclaves femmes à la prostitution : elles veulent rester chastes. Et celui qui les y a contraintes, Dieu est (pour elles) après qu'elles (y) aient été contraintes, Pardonneur, Miséricordieux" (Coran 24/33).


"Dieu a pardonné à ma Communauté ce qu'elle fait par erreur [= involontairement], ce qu'elle fait par oubli et ce au sujet de quoi elle a fait l'objet d'une contrainte" (Hadîth du Prophète, rapporté par at-Tabarânî, cité dans al-Fiqh ul-islâmî, p. 4453).


"Vous sont interdits : l'animal mort, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué le nom d'un autre que Dieu, l'animal étouffé, l'animal assommé, l'animal mort d'une chute ou d'un coup de corne, celui qu'une bête féroce a dévoré – sauf celle que vous égorgez –, et celui qui a été immolé sur les pierres dressées (…). Si quelqu'un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché, alors Dieu est Pardonneur, Miséricordieux" (Coran 5/3). "Qu'avez-vous à refuser [en croyant que cela est mauvais] de manger de (l'animal) sur quoi le nom de Dieu a été prononcé (lors de son abattage) ? Alors qu'Il a détaillé pour vous ce qu'Il vous a interdit, à moins que vous ne soyez dans la nécessité d'y recourir ("udhturirtum ilayh")" (Coran 6/119).


1) Qu'est-ce qu'un cas de contrainte (mâ huwa-l-ik'râh, mâ huwa-l-muk'rah bih) ?

On distingue le cas de contrainte, nommée "ik'râh", de celui de la nécessité absolue, "dharûra" ; cependant, les règles de l'une sont voisines de celles de l'autre.
Il y a donc d'une part une distinction entre le cas de nécessité absolue ("dharûra") et celui de la contrainte ("ik'râh"). Le premier consiste à être amené à faire quelque chose à cause de la situation dans laquelle on se trouve : on n'a rien à manger si ce n'est du porc : c'est une situation de nécessité absolue. Etre dans un cas de contrainte ("ik'râh"), c'est être forcé, par la menace faite par une personne, de faire ce que en son for intérieur on ne veut pas faire ("haml ul-ghayr 'alâ an yaf'ala mâ lâ yardhâhu wa lâ yakhtâru mubâsharatahû law turika wa nafsah") et qui ne constitue pas quelque chose qui, d'après les textes, était déjà un devoir sur soi ("wa lâ yakûn ul-muk'rahu 'alayhi mustahaqqan 'ala-l-mustak'rah : Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4437).
Mais d'autre part les règles de la contrainte sont liées à celles de la nécessité absolue : l'acte que le cas de nécessité absolue ("dharûra") autorise, il est aussi autorisé de le faire en cas de contrainte ("ik'râh"), car se préserver de la menace est une nécessité absolue ; à l'opposé, l'acte que même un cas de nécessité absolue n'autorise pas à faire ne sera pas non plus autorisé en cas de contrainte (c'est ce que Ibn Hazm a écrit : cf. Al-Muhallâ, n° 1403). Peut-on en déduire que l'acte qu'un cas de contrainte rend autorisé, ce que ce cas contrainte concerne sera considéré comme faisant partie des nécessités absolues ("dharûrât") ou au moins complémentaires ("hâjât") ? Le verset ne mentionne, comme nécessité, que le cas de la famine ; mais les savants ont raisonné par analogie et ont classé comme faisant partie des nécessités absolues non seulement la préservation de sa vie, mais aussi celle des biens, etc.

Il faut ici préciser que l'école hanafite distingue deux types de contrainte :
– il y a la contrainte complète (ik'râh tâmm / mulji'), comme une menace de mort, de destruction d'un organe du corps, ou de coups violents susceptibles de détruire un organe du corps ou une fonction du corps ;
– et il y a la contrainte partielle (ik'râh nâqis / ghayr mulji'), comme une menace d'emprisonnement court, de coups qui ne sont pas violents, ou de la confiscation d'une petite quantité de biens (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4433 ; voir également note de bas de page n° 16 sur Nûr ul-anwâr, p. 173).

L'école shafi'ite, par contre, ne fait pas de distinction entre contrainte complète ou partielle : "il n'y a qu'une seule catégorie de contrainte", "même s'il s'agit d'une menace d'emprisonnement, de coups ou de destruction de biens" (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4434, Ussûl ul-fiqh al-islâmî, 1/189). On notera cependant que, même d'après l'école shafi'ite, la menace de "subir des mots durs ou des insultes ne constitue pas un cas de contrainte" (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4437).


2) Quelques conditions pour que la menace constitue un cas avéré de contrainte (mâ hiya shurût ul-ik'râh) ?

Pour qu'une menace constitue un cas avéré de contrainte (et que les règles y afférentes soient donc applicables), il faut qu'il y ait le risque réel qu'elle soit mise à exécution. Voici quelques-unes des conditions pensées par les juristes pour établir la réalité de ce risque :
1.1) que celui qui menace ait la capacité (en termes de moyens) de mettre sa menace à exécution ; Abû Hanîfa a émis l'avis que seule l'autorité publique remplit cette condition, en sorte que seule la menace proférée par elle présente le risque d'être mise à exécution, et que tout autre citoyen proférant une menace ne remplit donc pas cette condition ; les deux élèves de Abû Hanîfa ne l'ont pas suivi sur ce point et ont été d'avis que des personnes non détentrices de l'autorité publique aussi ont malheureusement la capacité de mettre leurs menaces à exécution. Certains savants hanafites pensent qu'il s'agit d'une divergence d'opinion réelle, fondée sur une compréhension différentes des textes des sources (ikhtilâfu hujjatin wa burhân), d'autres qu'il s'agit d'une divergence d'avis fondée seulement sur des circonstances extérieures différentes (ikhtilâfu 'asrin wa zamân) (Al-Hidâya 4/330, voir aussi note de bas de page n° 9 sur 4/335) ;
1.2) qu'il y ait la forte probabilité que celui qui menace mettra réellement sa menace à exécution ;
1.3) que celui qui est contraint n'ait pas la possibilité d'échapper à l'exécution de la menace en se mettant sous la protection de la police, ou en s'enfuyant, etc. (Al-Fiqh ul-islâmî, pp. 4433-4434).


3) A quel acte la personne nous contraint-elle (ma-l-muk'rah 'alayh) ?

A) Tuer autrui :

Le musulman n'a pas le droit de tuer un humain, quel qu'il soit, au motif qu'une personne exerce sur lui une contrainte (que celle-ci soit partielle ou complète, et même s'il s'agit d'une contrainte par menace de mort). Al-Qurtubî et al-Qâdhî 'Iyâdh ont relaté le consensus des savants sur ce point (cité respectivement dans Du'ât lâ qudhât, p. 116 et dans Shar'h Muslim, commentaire du hadîth 2887). Ibn Hazm écrit quant à lui : "Aucun texte ne permet au musulman de repousser l'injustice dont il peut être victime en se rendant coupable d'une injustice sur une tierce personne, innocente (…). En pareil cas, il ne reste à ce musulman qu'à (…) faire preuve de patience devant ce qui lui arrivera et qui était d'ailleurs prédestiné" (Al-Muhallâ, règle n° 1403). Bref, si quelqu'un contraint un musulman à tuer un innocent, le musulman ne peut que refuser d'obéir ; il doit faire preuve de courage et de patience face aux éventuels torts que son refus pourrait lui causer.

Si l'homme qui a été contraint de la sorte a, malgré l'interdiction, eu quand même recours au meurtre, alors il aura à rendre compte de cet acte le jour du jugement ; de plus, s'il se trouve dans un pays musulman, soit lui, soit celui qui l'a contraint, soit les deux – il y a divergence entre les savants sur le sujet – s'exposeront à la sanction des tribunaux compétents (Al-Fiqh ul-islâmî, pp. 4446-4447).

B) Détruire le bien d'autrui :


D'après l'école hanafite, s'il y a contrainte partielle (ikrâh nâqis), faire cet acte n'est pas autorisé, et l'homme ayant détruit le bien d'une tierce personne à cause de cette contrainte partielle devra dédommager la personne lésée. Par contre, s'il y a contrainte complète (ikrâh tâmm), faire cet acte devient autorisé (yurakhkhassu fî fi'lih (voir al-Hidâya 4/333) ; qui dédommagera alors la personne lésée ? Elle pourra se faire dédommager par la personne auteur de la contrainte (al-Hidâya 4/333) ; la difficulté dans ce cas est bien évidemment de prouver que contrainte il y a eu.

C) Dire une parole ou faire un acte qui exprime qu'on a renié l'islam. Par exemple dire : "J'ai abandonné l'islam" ou : "Je ne crois plus que Muhammad était un messager de Dieu" ; ou dire : "Le vin n'a pas été interdit par Dieu" ; ou faire un acte qui exprime qu'on n'est plus musulman (par exemple se prosterner devant une idole) :


L'école shafi'ite ne faisant pas de distinction entre contrainte complète ou partielle, renier sa foi par sa langue ou son acte devient autorisé quand il y a un cas de contrainte avérée, quelle qu'en soit la nature (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4439).

D'après l'école hanafite, renier l'islam ne devient autorisé que s'il y a contrainte complète (ikrâh tâmm / muljî) ; dans un cas de contrainte partielle (ikrâh nâqis / ghayr muljî), cela n'est pas autorisé (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4439).

D'après Mâlik, cela ne devient autorisé que s'il y a contrainte par menace de mort ; tout autre cas de contrainte ne rend pas autorisé de prononcer une parole de kufr ou de faire un acte de kufr (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4439).

D) Faire un acte comme consommer du porc, de l'alcool, etc. :


L'école shafi'ite ne faisant pas de distinction entre contrainte complète ou partielle, faire un tel acte devient autorisé (yurakhkhassu fî fi'lih) dès qu'il y a un cas de contrainte considérée comme telle, quelle qu'en soit la nature.

D'après l'école malikite, faire cet acte devient autorisé (yurakhkhassu fî fi'lih) quand il y a un cas de contrainte avéré (Tafsîr al-Qurtubî).

D'après l'école hanafite, s'il y a contrainte partielle (ikrâh nâqis), faire cet acte n'est même pas autorisé (lâ yurakhkhassu fî fi'lih) ; par contre, en cas de contrainte complète, d'après Abû Hanîfa et Muhammad ibn al-Hassan cet acte devient permis en soi (yasîru mubâhan fî dhâtihî), tandis que d'après un avis relaté de Abû Yûssuf faire cet acte devient seulement autorisé (yurakhkhassu fî fi'lih) (voir al-Hidâya 4/332).

E) Faire un acte qui était déjà permis (mubâh) en soi, mais qui relève normalement de la liberté personnelle (par exemple vendre tel objet ou divorcer) :

La question ici n'est bien évidemment pas de savoir s'il est autorisé ou non de faire cet acte – puisque celui-ci relevait déjà de ce qui est permis en soi –, mais de savoir si la vente conclue sous la contrainte est bien invalide, en sorte que la personne contrainte puisse la faire annuler unilatéralement, même sans le consentement de la tierce personne, ou bien si elle y est astreinte ? de même, de savoir si le divorce est-il entériné, en sorte qu'il faille un nouveau contrat de mariage pour que l'homme et la femme puissent de nouveau vivre ensemble, ou bien est-il invalide à cause de la contrainte, en sorte qu'ils n'aient pas besoin d'un nouveau contrat de mariage pour vivre de nouveau ensemble ?

Il y a divergence d'avis entre les savants :

L'école hanafite établit une distinction, dans les actes de ce genre, entre l'acte qui peut en temps normal juridiquement être annulé (faskh) et celui qui ne peut pas l'être : le premier, fait sous la contrainte, sera invalide, tandis que le second sera établi. Aussi l'école hanafite est-elle d'avis que le divorce prononcé sous la contrainte est valable (al-Hidâya 2/338), tandis que le contrat de vente conclu sous la contrainte peut être annulé si la personne contrainte le désire (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4456).

Les autres écoles, elles, pensent que le divorce prononcé sous la contrainte est nul (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4452) ; quant au contrat de vente conclu sous la contrainte, les écoles shafi'ite et hanbalite sont d'avis qu'elle est totalement nulle (Al-Fiqh ul-islâmî, p. 4456), l'école malikite que la personne contrainte a le droit de la résilier (Ibid.).

F) Il est certains actes qui n'ont pas été cités jusqu'à présent deviennent autorisés à cause de la contrainte, il en est d'autres qui deviennent complètement permis d'après certains savants, et il en est d'autres encore qui ne deviennent même pas autorisés :

Il faut se référer aux savants.

Il est d'ailleurs à noter que je n'ai pas trouvé de façon détaillée quels étaient les actes à classer dans la catégorie D : s'agit-il de tous les actes normalement interdits, qui ne font pas quitter l'islam s'ils sont commis avec la conscience qu'ils sont interdits, et qui ne sont liés qu'à ses devoirs vis-à-vis de Dieu (et non à ses devoirs vis-à-vis des créatures) ? Il semble que tous les actes répondant à ces trois critères ne sont pas inclus dans cette catégorie, car :
– il est des actes qui répondent à ces trois critères mais à propos desquels des savants ont émis la même règle que ceux de la catégorie A : la contrainte, même complète, n'autorise pas à les faire. Ainsi, des savants comme al-Kâssânî ont écrit que même en cas de contrainte complète l'acte d'adultère ne devient pas autorisé (lâ yurakhkhassu bih), même si c'est une femme qui y est contrainte (cf. Al-Fiqh ul-islâmî wa adillatuh, p. 4442). Soit dit en passant que bien que n'étant qu'un (petit) étudiant en sciences musulmanes, donc très loin d'un savant comme al-Kâssânî, nous n'avons cessé d'être intrigué par la lecture de cet avis, dans la mesure où le verset 24/33, cité plus haut, parle explicitement du cas de femmes ayant été forcées à se prostituer et dit que Dieu est pardonneur pour elles dans la mesure où elles ont été contraintes ; wallâhu a'lam ;
– à l'inverse, il est d'autres actes qui répondent aussi aux trois critères susmentionnés et à propos desquels des savants hanafites ont pourtant émis la même règle que celle qu'ils ont émise à propos des actes des catégories B et C et non de ceux de la catégorie D : ces actes ne deviennent pas permis en soi mais il devient seulement autorisé de les faire. Ainsi en est-il du cas où on subit la contrainte pour rompre le jeûne obligatoire ou pour faire ce que l'état de sacralisation interdit. Prière aux frères et aux sœurs compétents de m'éclairer à propos des actes relevant de la catégorie D.


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Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

http://www.maison-islam.com/article.php?sid=424&mode=thread&order=0


Qu'Allâh SbhanAllâhou Wa Ta'l nous facilite notre réligion et pardonne nos erreurs et péchés amîn! {ez}
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